06 mai 2008
Syrie, au coeur de l'Histoire
Il ne me reste plus qu'à corriger le manque d'accents, je m'en occupe au plus vite. ( je n'ai toujours pas de connexion chez moi ).
17/04/08 - 18/04/08
Arrivee tranquille a l aeroport, passage de douane " clope au bec " pour certains, tranquille disais-je, jusqu au moment de recuperer les bagages... Une foule immense se tasse devant l unique tapis roulant qui se doit de nous rendre nos bagages. Pas de panneau et les rares colis qui circulent, proviennent tous d un aeroport different. Les interdictions de fumer sont superbement ignorees et ceux qui croient reconnaitre leur bagage jouent les equilibristes sur les tapis roulants afin de gagner quelques precieuses seconde. En deux mots: la cohue.
Arrives dans Damas, ville poussiereuse et deglinguee de prime abord, nous prenons un hotel, dejeunons et decidons de faire une petite sieste bien meritee. Il est 16h30, nous nous autorisons a mettre un reveil a 18h30.
Reveilles tout habilles le lendemain a 8h30. Nous sommes donc sur pieds, apres 16h00 de sommeil, pour entamer la visite de la vieille ville. Nous commencons par les souks animes puis nous nous dirigeons rapidement vers la mosquee des Omeyades,merveille d architecture islamique. Deja, mon appareil photo marque des signes de faiblesse...
Puis s en est fini, il prend toutes les photos en leur ajoutant des taches vertes. Je ne vous parle pas d un vieil appareil photo use, mais celui que j ai achete deux jours avant le depart, un modele sophistique d une grande marque... Nous courons jusqu au photographe le plus proche: verdict, le boitier est HS, il faut faire jouer la garantie. J ai pris en tout et pour tout 25 photos avec, je suis depite. Heureusement que j emporte toujours un petit numerique de secours mais ce dernier ne m offre pas les possibilites que je peux avoir avec le reflexe numerique.
Retour donc dans la vieille ville et se vieilles rues animees, avec mon vieil appareil photo qui tente veinement de photographier cette vieille mosquee...
Bon, finalement j en m en remettrai mais je rage contre... contre personne d ailleurs.
La vieille ville de Damas est entouree de remparts, comprend des souks a perte de rue, un quartier musulman, un quartier chretien et un quartier juif. C est un delice de s y perdre entre eglises et mosquees, avec ci et la, une vieille voiture americaine deglinguee.
La mosquee des Omeyades est un lieu sacre de l Islam et une multitude de fidele en vient aux larmes, lorsqu il s agit de rentrer dans la grande salle de priere et ecouter ce qu il s y dit...
Retour a l hotel, toujours enerve par cette histoire d appareil photo.
19/04/08
Depart en bus-epave jusqu a Maaloula, petit village suspendu aux montagnes.
L interet de ce village est qu il est habite par des chretiens et qu il s agit d un des derniers lieux au monde ou l on parle encore depuis des millenaires, une branche de l arameen, la langue de Jesus. La langue arabe n a pas conquis cet endroit, lorsqu elle s est implantee dans la region au 7 eme siecle.
Le village est donc suspendu et hors du temps, dote de maisons de terre jaunes et bleues, parseme d eglises et de monasteres, reliees par des escaliers, et des passages etroits.
Belle promenade de bas en haut, croisant les fideles nombreux et apretes pour assister a la messe de ce dimanche.
Nous retournons dans l apres-midi a Damas et reservons notre ticket de bus pour Palmyre demain matin.
Dans la rue, une voiture se fait siffler par un policier. Le conducteur telephone. Le policier immobilise la voiture au milieu de la chaussee, le conducteur lui serre la main, lui met la main sur l epaule et continue sa conversation. Le policier attends patiemment qu il termine mais le conducteur ne semble pas etre pret a raccrocher. Les autres automobilistes s ennervent de ne pas voir bouger cette voiture au milieu de la chausse, ils klakonnent... Le policier leur montre que le contrevenant est au telephone... Voici une des chroniques de la rue a Damas...
20/04/08 - 21/04/08
Depart pour Palmyre et première voiture croisée à contre-sens sur l'autoroute (il y en aura d'autres...)
Arrives a ce qui semble etre l unique station service a 150 kilometres a la ronde, une file de plusieurs dizaines de camions attendent de faire le plein. Le chauffeur de bus passe par la sortie et rejoint rapidement la pompe.
A cet endroit c est la cohue, les hommes sont munis de bidons qu ils tentent veinement de remplir, tout le monde s arrache le pistolet pour mettre a quelques litres de diesel. La pompe est prise d assaut, tous ont la cigarette a la bouche et se disputent le precieux liquide sans avoir conscience des dramatiques consequences eventuelles...
Route pour Palmyre, a travers un desert rocailleux. Nous suivons les directions " Palmyra" et "Bagdad". Peut avant Palmyre, un dernier panneau nous informe que la frontiere avec l Irak est a droite, à 152 km...
Arrives a Palmyre, nous engageons un type avec une voiture hors du temps mais semble-t-il pas encore hors d usage.
Il nous emmene aux sites qu il est difficile d acceder a pied. Il nous emmene dans l oasis de Palmyre, et nous emmene au chateau arabe pour le coucher de soleil, point de rencontre des touristes du monde entier ( bien qu ils ne soient pas si nombreux que cela ), mais que nous savons apprecier, tant le lieu est beau.
22/04/08
Visite du site romain, une ville de 40 000 ames, vieille de 2000 ans, dont il reste les vestiges eparpilles entre sable et montagnes.
L endroit est magnifique, nous sommes seuls toute la matinee. Les photos parlent d elles memes.
Pause bien meritée en ville.
Lorsque un jeune syrien apprend au touriste a mettre correctement sa tenue locale...
Retour sur les ruines au coucher du soleil, accompagnes de Ahmed avec qui nous discutons une petite demi -heure. Lorsque le jaune, le bleu et le gris se succèdent, trois couleurs, trois ambiances furtives, mais toujours le silence...
Nous partons demain pour Alep.
23/04/08
Depart matinal en bus pour Homs, a deux heures de route. Le trajet n est pas particulierment passionnant mais il permet d observer quelques familles bedouines qui vivent sous tente et elevent des moutons, dans ce desert rocailleux.
Changement a Homs ou il nous reste encore deux heures de route pour Alep.
Arrives a Alep, nous prenons un taxi. Le chauffeur et son ami semblent ravis de nouis rencontrer. Grande discussion. A un feu rouge, le chauffeur tend un fond de the croupi a un policier s evertuant a reguler la circulation, celui ci nous voit et sort d on ne sait ou, deux roses. Le chauffeur nous offre egalement des mouchoirs et des cigarettes...
Arrives a l hotel, petite sieste aussi reparatrice qu habituelle puis nous nous perdons dans Djeida, le quartier chretien, quartier medieval et anime ou passages et arches se succedent laissant apparaitre des facades d un autre age.
Savons d'Alep La Kaaba de la Mecque au dessus des portes
Alep est une ville en effervescence de deux millions d habitants, une ville tres arabe ou tout s echange et tout semble se passer sur le trottoir ou dans la rue, au moment meme ou vous passez.
Nous rencontrons Skander, un petit bonhomme d une soixantaine d annee qui parle tres bien le francais. Nous passons deux heures avec lui a tenter de comprendre les rouages de la politique francaise. Il nous bluffe par sa connaissance de l histoire et de la politique de notre pays.
24/04/08
Depart matinal pour la vieille ville.
Point de depart, la porte d Antakia qui ouvre le chemin aux souks immenses et odorants. Promenade sensorielle dans un lieu ou la vie s ecoule au rythme des transactions, du the et de la fumee des shishas.
Visite rapide de la mosquee des Omeyades datant du 8eme siecle.
Nous partons ensuite a l assaut des marches de l immense citadelle dominant la ville. C est dans le vacarme des eleves des madrasas ( ecoles arabes ) que nous entrons dans ce bastion dont les remparts sont plus de deux fois millenaires.
La vue dont on jouit du haut de ses murailles est sans limite ou presque; chaleur et pollution voilent en effet l horizon. Mais le panorama permet de rendre compte de cette effervescence si plaisante, si arabe; en tendant l oreille, on entendrait presque les rires et les cris.
Deambulations au gré des envies dans les rues d'Alep, une ville qui nous semble désormais familière.
25/04/08
Nous avons engage un chauffeur pour nous faire decouvrir les vieilles pierres et les vieux cailloux aux environs d Alep.
Abdallah passe dans son village chercher sa petite fille de 4 ans qui fera la route avec nous. Elle se joint a nous lors des incontournables pauses "the"
En fait de vieilles pierres, il s agit de ruines bien differentes: les villes dites mortes qui ont ete abandonnees sans qu on en sache reellement la raison et les edifices religieux ( eglises, basliques et monasteres datant de pres de 2000 ans ).
La route, toute la journee serpente dans les montagnes rocailleuses et les plaines fertiles, traversant tantot des villages hors du temps , tantot des plantations d oliviers.
Dans un premier temps, nous passons sur une voix romaine, passant au milieu d un village. Une voix romaine en l etat qui laisse apparaitre son pavage imparfait depuis 2000 ans.
Nous visitons ensuite une ville morte. Nous rentrons dans les maisons abandonnees, il n en reste que les murs.
Puis nous visitons deux basiliques syrio-byzantines datant du premier siecle. La aussi il ne reste que les murs mais l architecture si harmonieuse est etonnement bien conservee. 2000 ans sont passes, les murs sont restes. Ce qui est d autant plus etonnant que ces merveilles architecturales sont integrees a une realite sinon urbaine, villageoise et que les gamins y jouent comme ils jouent dans la rue.
Visite de deux monasteres abandonnes: l un faisant office de bergerie, l autre, St Simeon, conserve et sauvegarde en tant que haut lieu touristique.
Saint Siméon
Depart demain pour Hama.
26/04/08-27/04/08
Apres-midi de repos a Hama puis promenade dans le centre ville dont la curiosite sont les norias, des grandes roues en bois destinees a recolter l eau de l Orontes, la riviere locale. Les plus anciennes de ces roues fonctionnent depuis le 5 eme siecle.
Hama a guere plus a offrir aux visiteurs, nous sommes partis aujourd hui pour Tartous, petite ville calme sur les bords de la mer Mediterranee, a quelques coups de rames de l Europe.
Programme: Krak des chevaliers et excursion sur une petite ile.
28/04/08
Depart tardif pour visiter le Krak des Chevaliers, chateau du 12eme siecle erige par les croises et patrimoine mondial de l Unesco depuis 2006.
Taxi, minibus qui nous depose sur l autoroute, autre mini bus puis panne d essence, redepart, il nous laisse sur le bord de la route, nos pieds jusqu a ce qu un denier minibus daigne nous prendre au passage et enfin nous arrivons.
Le Krak des Chevaliers ( Qalaat al Hosn ) est remarquable pour bien des raisons; Lawrence d Arabie dit de lui qu il s agit du plus admirable des chateaux au monde.
Sa situation geographique est exceptionnelle, a 750 m, au sommet d une colline, il rend l horizon accessible.
Son etat de conservation est bien superieur aux autres chateaux du 12 ou 13 eme siecle.
Sa taille ni petite ni immense, permet de s attarder dans ses recoins et de comprendre comment s organisait cette micro societe lors de cette epoque de christianisation.
Retour negocie avec un taxi, nous avons depasse l heure a laquelle s interrompent les transports locaux
29/04/08
20 minutes de bateau taxi pour rejoindre l Ile d Award, situee a seulement 3 km de la cote.
L ile est peuplee, tres fortement peuplee, les voitures inexistantes et ses habitants utilisent le bateau tous les jours pour travailler sur le continent. Elle est egalement tres petite ( 500 m sur 800 m) et est sillonnee par de petites ruelles et vieilles maisons. Les vendeurs ambulants passent avec leurs etroits chariots et les gamins investissent chaque centimetre carre, les chantiers navals traditionnels et les pecheurs suscitent la curiosite. Bleu et blanc sont les couleurs dominantes.
Il y a un peu de la Grece dans cette ile... la langue arabe en plus mais aussi la vetuste des habitations et la salete omnipresente. C est dommage.
Sinon l ile abrite un petit fort et un mur d enceinte en ruine erige par les pheniciens.
La promenade est agreable et depaysante sur ce bout de terre ou la vie trepigne autant que sur le continent.
Nous visitons par la suite la vieille ville de Tartus dans laquelle les ruines sont vivantes. En effet, aucune politique de sauvegarde a ete menee mais les habitants y vivent et les ont ammenagees. Ainsi du linge seche sur les remparts, des portes s entrouvent sous des arches et des pots de fleurs fanees prennent place aux fenetres du chateau.
Degustation de poisson ce soir...
Nous retournons demain a Damas, notre avion decolle vendredi matin.
30/04/08 - 01/05/08
Derniers jours a Damas, montee en taxi au Djebel Qassoum d ou on voit toute la ville et une petite dose supplementaire de souks.
02/05/08
Retour a l'aéroport où le nuage de fumée ne s'est pas dissipé, aéroport où même le café doit être négocié...
Voici quelques uns des véhicules que l'on croise dans les rues de Syrie, des antiquités roulantes et souvent rutilantes...
Commentaires
superbe!
excellentes photos. ca donne envie d'y aller tout de suite!!!!
attention la photo 1042 est en double!
bisous et à bientôt
François
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